La Chair de l'orchidée
Acteurs
Avec Charlotte Rampling, Bruno Cremer, Edwige Feuillère, Simone Signoret, Alida Valli, François Simon, Hans-Christian Blech, Hugues Quester, Eve Francis, Pierre Asso, Rémy Germain, Robert BaillardPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Claire
- : Louis Delage
- : Mme Wegener
- : Lady Vamos
- : la folle de la gare
- : un des frères Bérékian
- : un des frères Bérékian
- : Marcucci
- : la mère de Delage
- : le médecin
- : Arnaud
- : le jardinier
Equipe du film :
- : Patrice Chéreau
- : Patrice Chéreau
- : Jean-Claude Carrière
- : James Hadley Chase
- : Pierre Lhomme
- : Harald Maury
- : Fiorenzo Carpi
- : Richard Peduzzi
- : Pierre Gillette
Dates :
- : 29/01/1975
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Ils en parlent
-
Télérama
" ...Si les figures imposées du roman noir sont là (séquestration, appât du gain, violence et vengeance), elles sont perverties au service d'une danse théâtrale et macabre. Claire, l'héritière séquestrée, sadisée, est la fille d'une brute et d'une folle. Sa tante geôlière veut sa fortune. Une armée de cafards obéit frénétiquement à la rombière calfeutrée dans sa Rolls comme dans un cercueil. Un éleveur de chevaux fuit, sans y croire, deux tueurs crépusculaires, anciens lanceurs de couteaux de cirque.
Loin de toute recherche de suspense policier, Chéreau dispose ces figures pathétiques comme des fantômes sur une scène où la raison chancelle. A la fin, sortie de l'enfer, Claire, vidée de sa chair, sera prête à diriger ses affaires. Et plus que tout, c'est ce retour à la « normalité », au déterminisme de l'argent, qui glace le sang."
-
La Saison...
Prodigieux metteur en scène de théâtre (...), P. Chéreau a choisi d'adapter (...) un roman déjà classique de J.H. Chase. Et cela, par goût personnel des films policiers (" Ils racontent la réalité des choses du monde dans lequel on vit"), par souci d'atteindre un large public (La Chair de l'orchidée a bénéficié d'un budget confortable), par besoin peut-être de prendre appui sur une structure narrative dense, contraignante, propre à empêcher les débordements formels, les recherches par trop esthétiques dont on a souvent fait grief à Chéreau dans ses mises en scènes théâtrales.
En réalité, le réalisateur, aidé de J.C. Carrière, a été amené à remodeler le récit de Chase, trop irréaliste à leurs yeux, et même à infléchir son sens. Ainsi, dans le film, c'est moins Claire qui est folle que le monde autour d'elle, et son aventure s'achève sur une prise en charge des privilèges de sa classe (...)
Pour l'essentiel, cependant, le film, comme le livre, se présente comme une sorte de cauchemar ponctué d'épisodes violents, avec des personnages qui s'enferment dans des situations dont il leur est impossible de s'échapper (...) tandis que d'autres semblent le hanter (...) tous sont étroitement liés, enchaînés même, à leur passé. Un passé plus ou moins allusif (...) ou obscur (...) mais toujours placé sous le signe de l'échec. Ce passé imprègne le présent, y introduit le décadent, le morbide.
Il le colore aussi "physiquement" : hôtels déserts, bâtiments désaffectés, éléments baroques; parcs noyés de brume, couleurs froides, dominantes de tout le film (...) décors intégrés dans un univers plastique néo-expressionniste, associés à la présence obsessionnelle de la nuit, de la pluie, du tonnerre. Les thèmes (la décadence d'une famille aristocratique, l'argent et le pouvoir), sa structure et ses éléments dramatiques (puzzle, complot, suspense même) se diluent ainsi dans un univers de formes..."
-
Ecran
" ... Il faut admirer, pour leur maîtrise, à la fois le traitement de la couleur (des tonalités glauques et crépusculaires, chaque séquence étant marquée par une dominante : bleu, vert, ocre), la neutralité étudiée de la bande sonore (presque aucune musique d'accompagnement, un jeu subtil sur les bruits et les silences), la prégnance évocatrice des décors (palace de province, clinique psychiatrique, théâtre désaffecté, hall de gare, hôpital désert), les effets d'ambiance familiers des mises en scènes théâtrales de l'auteur (éclairages rasants, contre-jours, fumées).
Ce magistral travail plastique rélève, grosso modo, de l'expressionnisme : un univers ténébreux et glacial, peuplé de vieilles femmes surprises et de cadavres en smoking. Patrice Chéreau nous laisse deviner qui sont ses maîtres spirituels : Welles, Fellini, Resnais aussi..."



Vous en parlez