TV5 Monde + Cinéma
La 1ère offre internationale des cinémas francophones à la demande 350 films à téléchargerDieu seul me voit (Versailles-chantiers)
Réalisation
Acteurs
Avec Denis Podalydès, Jeanne Balibar, Isabelle Candelier, Mathieu Amalric, Maurice Baquet, Jean-Noël Brouté, Daniel Ceccaldi, Cécile Bouillot, Michel Vuillermoz, Philippe Uchan, MoussPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Albert
- : Anna
- : Sophie
- : Atchoum
- : monsieur Crémieux
- : Otto
- : le président du bureau de vote
- : Corinne
- : François
- : Patrick
- : Cruquet
Equipe du film :
- : Bruno Podalydès
- : Bruno Podalydès
- : Pierre Stoeber
- : Eric Grange
- : Juliette Chanaud
- : Antoine Platteau
- : Marie-France Cuénot
- : Joëlle Van Effenterre
- : Suzanne Koch
- : Pascal Caucheteux
- : Why Not Productions
- : UFD - UGC Fox Distribution
- : Sofinergie 4
- : Procirep
- : France 2 Cinéma
- : Canal Plus
Dates :
- : 03/06/1998
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
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Bandes annonces
Interview
Ils en parlent
-
aden
" Remontée au front du tandem des frères Podalydès, remarqués avec Versailles-Rive gauche, en 1991. Comme pour leur premier film, Bruno, le réalisateur, et Denis, le comédien, ont fait équipe pour écrire le scénario. Cette ergonomie fraternelle charpente, à la cheville près, une comédie qui navigue entre burlesque et satire traditionnelle des caractères sans jamais quitter son cap : la dissection du sport amoureux.
Conquérant inhibé, le héros de Dieu seul me voit a des airs de Don Juan au petit pied. Désorienté à la moindre rencontre (et souvent au sens propre), déréglé (son corps le lâche, et se relâche aussi, dans un abandon qui ne plaît pas toujours), coincé entre trois filles très différentes auxquelles il offre indifféremment les mêmes cadeaux, cet antiséducteur a le coeur qui balance sans cesse.
Dieu seul le voit ? Et les spectateurs, qui rient de le trouver à chaque fois dans des lieux où doivent au contraire s'exprimer un choix (voter, trouver une place de parking, passer commande dans un restaurant...). Ce petit traité de l'indécision est d'autant plus irrésistible que la mise en scène découpe chaque séquence en petits événements qui s'enchaînent... disons, "clairement", comme on dit en BD la "ligne claire" (Hergé en est la référence, et les appels du pied dans le film au dessinateur belge sont, eux aussi, très clairs). Tout est carré, et même casé -- si le héros, lui, ne l'est pas. Net. Sans bavures. Avec une constante malice qui enchante et des comédiens sensationnels qui font souffler un vent salutaire sur la comédie made in France."
Philippe Piazzo, aden -
Cahiers du Cinéma
Autant commencer par là, pour ne plus y revenir : Dieu seul me voit, Ie premier long métrage de Bruno Podalydès, rappelle en bien des points Comment je me suis disputé d'Arnaud Desplechin. Il s'agit également du portrait en gros plan d'un homme jeune sur fond de vie en groupe. L'homme jeune louvoie entre trois filles très différentes, et son rapport à la vie passe par une perpétuelle remise en question de ses plus menus agissements. Enfin, une partie du casting est commune aux deux films : Jeanne Balibar, Michel Vuillermoz, Mathieu Almaric et Denis Podalydès. Évidemment, cette proximité n'est pas fortuite et confirme, s'il le fallait, l'aspect matriciel du film de Desplechin - dont on a pu dire à l'époque qu'il prenait en charge à lui seul la somme des questionnements du jeune cinéma français.
Sauf que Dieu seul me voit est une comédie, et donc une réponse spirituelle, anti-monumentale, de Podalydès à son ami Desplechin. Refonte personnelle d'une problèmatique éminemment contemporaine. Dieu seul me voit est une sorte de Comment je me suis démarqué, dont le sous-titre pourrait être aussi Ma vie sexuelle, tant c'est à nouveau de cela qu'il s'agit (...)
Podalydès fignole un portrait émouvant de l'homme moderne en velléitaire par essence, enserré dans un jeu d'emboîtement de circonstances qui le dépassent et qu'il ne veut surtout pas maîtriser, ayant fait de son impossibilité à faire des choix un principe d'existence.La réussite du film tient en ce qu'il n'est pas seulement une enfilade de saynètes réussies. Même si Podalydès possède indéniablement un sens très sûr de la scène, un art de la composer comme un petit film en soi, avec des montées délirantes remarquablement rythmées et des chutes abruptes cocasses, l'ensemble est plus fort et plus complexe que la somme de ses parties.
Comme dans une partition musicale, la composition du film procède par harmoniques, échos différés, subtils changements d'accords. Un motif, une fois présenté, se trouve repris et décliné sous des formes proliférantes (...)
Lorsqu'Albert découvre pour la première fois Anna, un décadrage métamorphose un dessin d'enfant accroché au-dessus de lui, représentant un couple sur une balançoire, en bulle de bande dessinée exprimant la rêverie intérieure du personnage. Au-delà de la référence manifeste à la BD, ce motif de la balançoire participe de la grande circulation des signes mise en œuvre par le film (les hommes politiques sont en ballotage, les filles en balance dans le cœur d'Albert, et les balançoires s'égrènent au travers des séquences). Mais c'est aussi tout le film qui participe de ce plaisir propre à la balançoire, jeu subtil avec l'apesanteur, art raffiné du déséquilibre et de la suspension, qui donne un léger vertige, juste assez grisant pour avoir envie d'éclater de rire."Jean-Marc Lalanne, Cahiers du Cinéma -
Libération
" L'immense puissance comique de Dieu seul me voit est tout entière dans cet échafaudage d'imprévisibilités où l'humour surgit toujours à l'insu des personnages qui l'instaurent et jamais à leurs dépens. Ce qui suffit à distinguer la bonne comédie de la mauvaise farce.
C'est la qualité morale primordiale du film : étranger à toute zoologie sociale et autres épinglages plus ou moins cyniques des petits psychobobos de l'humain, l'humour de Dieu seul me voit nous soulage tout autant qu'il nous inquiète. Cette belle complexité qui a l'élégance de citer ses références (Tati, Tintin, Hitchcock, Capra, Truffaut) est à l'oeuvre dans la chair même du film.
Ainsi d'Albert qui a du moins deux métiers. L'un visible et social ; preneur de son. L'autre moins visible mais tout aussi social : preneur de tout ce qui lui arrive, comme on dit "Valet qui prend" quand on joue au nain jaune. Albert est une éponge imbibée des autres (...)
Mais il arrive aussi, c'est le destin de toute éponge, qu'Albert s'exprime. A force de se démener avec le timing des autres (prendra? prendra pas?), Albert bricole sur le tas un tempo qui n'appartient qu'à lui, une durée propre et singulière : le temps d'Albert. Et on le verra, preneur de son, intervenir dans le cadre lors d'une fort poilante interview télé d'un quelconque élu local. Podalydès dit d'Albert : "C'est le genre de type qui regarde sa montre dans une manif." Autant dire un gars qui va lui-même voir là-bas s'il y est, autant dire, mine de rien, un être foncièrement politique (...)
Voilà ce qui se passe avec Dieu seul me voit. A l'instar de son Albert, preneur de son, Bruno Podalydès nous tend la perche : on est bien avec les autres qu'à condition d'être seul avec soi-même et de s'y sentir serein."Gérard Lefort, Libération -
Télérama
"... subtiles variations sur la nostalgie de l’enfance et la peur de devenir adulte. Résultat, une comédie non seulement irrésistible, mais aussi délicate, où le ridicule ne tue personne. Se laisser ballotter par le vent et les autres, comme Albert, c’est aussi rester ouvert à tous les possibles, y compris au meilleur. Un très malicieux éloge de la velléité et de l’indécision."
Louis Guichard, Télérama
Affiche













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