TV5 Monde + Cinéma
La 1ère offre internationale des cinémas francophones à la demande 350 films à téléchargerConte d'hiver
Réalisation
Acteurs
Avec Charlotte Very, Frédéric Van den Driessche, Michel Voletti, Hervé Furic, Rosette, Marie Rivière, Jean-Claude Biette , Ava Loraschi, Christiane Desbois, Haydée Caillot, Jean-Luc RevolPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Félicie
- : Charles
- : Maxence
- : Loïc
- : la soeur
- : Dora
- : Quentin
- : Elise
- : la mère
- : Edwige
- : le beau-frère
Equipe du film :
- : Eric Rohmer
- : Eric Rohmer
- : Luc Pagès
- : Pascal Ribier
- : Mary Stephen
- : Sébastien Erms
- : Margaret Ménégoz
- : Françoise Etchegaray
- : Les Films du Losange
- : Les Films du Losange
Dates :
- : 29/12/1992
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
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Bandes annonces
Interview
Ils en parlent
-
Libération
" L’enchaînement de ses comédies et proverbes à ses Contes des quatre saisons sont la démonstration de l’infatigable renouvellement d’un système dont on a maintes fois cru qu’il allait s’épuiser de lui-même. Dans un art fondé sur une économie (libidinale, esthétique) semblable à la sitcom (comme le démontrera dans Libération Louis Skorecki), maniant comme personne l’équilibre du petit plaisir vif, dialoguant ainsi avant tout le monde avec la télévision, il envoie parfois en douce des films qui sous couvert de légèreté sont les plus sombres possibles.
Parmi eux, le très gris et réussi Conte d’hiver (où un jeu de mots malheureux éloigne une femme cinq ans de celui qu’elle a aimé un été. Elle refuse l’amour d’un autre et idéalise l’absent. Ce grand absent, en qui les exégètes de l’œuvre de Rohmer ont cru voir la figure de Dieu. Un Dieu qui aurait livré les hommes au hasard et aux accidents. Les hasards, Rohmer en fait sa fortune de cinéaste : accueillant comme peu d’autres le moindre changement climatique. Son art de l’espace se transformant tout à coup en art du temps, en un cinéma tout entier climatologue..."
Philippe Azoury, Libération -
Le Quotidien de Paris
" ... Au milieu de personnages sophistiqués, Félicie semble nue comme la vérité qui sort du puits. Ce qui caractérise la jeune femme, c'est la confiance. Une confiance aveugle dans l'amour fou qui reste vrai parce qu'elle l'a rencontré, même s'il n’a plus l'air de faire partie du temps et de son quotidien ; en ceux qu'elle voudrait aimer non pas à la place, mais pour ne pas renoncer.
Une confiance irrationnelle, rayonnante dans la vie, l'amour de sa petite fille, de leur destin commun, de l'impossible qui n'existe pas si on le remplace par l'absolu. Guidée par ses rêves d'amour total, Félicie renonce avec simplicité à suivre quiconque. Autour d'elle les garçons ne comprennent pas sa volonté à vouloir vivre avec un autre qui n'existe pas. A Loïc qui ne croit qu'en ce qui est écrit, Félicie explique qu'elle n'est pas une intellectuelle mais une instinctive, qu'elle ne peut aimer qu'à la folie, qu'elle croit de toutes ses forces à cette idée de l'amour qui ne saurait la tromper. Aux innocents les mains pleines pourrait être la morale de ce « conte des quatre saisons » emprunté à Shakespeare.
Dans l'une des plus belles scènes du film, Loïc emmène Félicie au théâtre. On y donne Conte d'hiver de Shakespeare que Loïc regarde en connaisseur, tandis que Felicie, bouleversée, reconnaît dans l'amour d'un monarque et de sa fille pour la reine disparue la même foi que la sienne, puisqu'ils arrivent, à force d'y croire, à la faire revivre... La foi couve sous les dialogues, moins persifleurs et plus tendres que d'habitude. On se retrouve dans les humeurs pensives, feutrées de Ma nuit chez Maud. Le problème de la foi est fermement posé, dans toute la rigueur et la finesse d'une réflexion apparemment spontanée, mutine, transparente selon Rohmer.
A son tour, le spectateur croit dur comme fer aux élucubrations sentimentales de Félicie, parce qu'il s'émeut de sa quête d'absolu. Dès lors plus rien n'étonne dans le déroulement de l'intrigue. Et par la force de son écriture subtile, Eric Rohmer parvient à nous faire croire qu'un acte de foi est un acte d'amour dont tout peut surgir exactement comme Dreyer par sa foi et la force de son talent avait pu nous convaincre que la jeune femme morte (Ordet) ressuscitait vraiment parce qu'un innocent avait cru en elle seul contre tous.
Il y a dans ce Conte d'hiver la limpidité et la froide solitude d'une saison morte en appparence, mais qui contient en elle toutes les promesses d'avenir. Rohmer, cette fois, ne nous tient plus par l'épiderme. L'enchantement est austère, vibrant par en-dessous. "
Anne de Gasperi, 30/01/1992, Le Quotidien de Paris -
La Croix
" Après Conte de printemps, Rohmer nous emmène vers l’hiver. Non sans surprises le film commence en... été sur une plage bretonne où batifole un couple nu... devant la caméra de Rohmer ! On croit rêver. Mais on retrouve, vite la petite musique du réalisateur des Contes moraux : à l’issue de cet amour de vacances, Félicie fait un étonnant lapsus ; en donnant son adresse à ce Charles qu’elle aime avec passion, elle confond Levallois et Courbevoie ! (...) Ne dévoilons pas la fin et ce qui arrive un jour à Félicie dans un autobus tout en rappelant qu’il s’agit là d’un conte.
Un conte à la manière de Rohmer, certes nourri des incertitudes du cœur, des duels entre raison et passion, rythmé par ces dialogues pêchés dans un quotidien de convenances mais qui sonnent si juste. Si Rohmer ne nous cache rien des valses-hésitations de Félicie, il nous donne quelques dés pour comprendre ses personnages. D’abord la référence évidente à Shakespeare et à son Conte d'hiver dont la scène finale (la résurrection d’une statue, donc le retour inespéré d’un disparu) est dûment représentée dans le film.
Surtout, Rohmer place ses interrogations sur la foi au cœur du film. À Félicie, guère préoccupée par les débats théologiques mais taraudée par une espérance indestructible et qui croit aux miracles, il oppose Loïc l’intello, dont la foi s’appuie sur l’expérience mais surtout sur des textes référentiels qu’il cite volontiers, depuis Aristote jusqu’à Pascal. Qu’est donc la foi ? Un raisonnement intellectuel sans failles et asséchant ou une conviction plus fruste mais combien lumineuse ? Manifestement Rohmer est du côte de Félicie ; son conte d'hiver n’est-il pas plutôt un conte de Noël ? "
Jean-Luc Macia, 31/01/1992, La Croix
Affiche













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