Tonie Marshall : "On nous vend des objets... en nous promettant la vie qui va avec."
Introduction
Après avoir exercé son regard critique et acide sur le monde des détectives (Pas très catholique) et des salons d'esthétique (Vénus beauté), la réalisatrice aborde le télé-achat. Elle est fan et s'est demandé un jour pourquoi..."
Article
" Cela fait quinze ans que je regarde des émissions de téléachat, j'adore ça et je me suis demandé pourquoi ça me plongeait toujours dans un état de béatitude. J'ai compris que pendant que je regardais ces démonstrations, j'imaginais que si j'achetais cet objet, ma vie allait changer, être plus simple car non seulement on nous vend des objets mais on nous propose la vie qui va avec, ce qui bien entendu n'est pas vrai...
En imaginant France, mélange de force et de détresse, d'humour et de sensualité, je voyais Karin Viard. J'ai écrit le film pour elle. Elle a l'énergie de ceux qui déplacent les montagnes, mais avec tellement d'évidence qu'on lui suppose également un douloureux désordre. A la manière des personnes qui affichent une manière très carrée d'aborder la vie, mais pour qui tout se complique très vite. Je suis toujours touchée par la fragilité des forts ! De plus, Karin est ma voisine. On avait donc l'occasion de se croiser souvent dans la rue, on échangeait quelques histoires sur le téléachat, (elle aussi est amateur) et je l'observais.
Quant à François Cluzet, que je connais depuis longtemps et avec qui j'aime travailler, il m'évoquait un possible Pierre Bellemare jeune. Il a une grâce, une poésie, parfaites pour jouer un homme qui se refuse d'être un charlatan tout en frôlant ce danger."
Tonie Marshall

